Le secteur des technologies du numérique (TIC) connait un véritable essor dans le domaine de la santé au cours de ces dernières années

en Afrique. Ainsi, en réduisant les distances et facilitant les échanges rapides, elles entrainent une transformation des modèles traditionnels d’offres de soins et peuvent contribuer à une amélioration de la qualité et de la sécurité des services de santé.

Selon l’OMS, la E-santé ou santé numérique/cybersanté consiste à utiliser, selon des modalités sûres et offrant un bon rapport coût/efficacité, les technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’appui de l’action de santé et dans des domaines connexes. La cybersanté est un terme générique qui recouvre divers domaines comme l’informatique de la santé, le numérique au service de la santé, la télésanté, la télémédecine, le cyber -apprentissage, et la téléphonie mobile au service de santé .

Ainsi la E-santé, c’est une meilleure qualité des soins, une gestion coordonnée des risques et une plus grande sécurité des patients, cela à travers entre autres exemples, la traçabilité des actes médicaux, la transmission de données entre établissements et professionnels de santé, les dossiers médicaux numériques, la surveillance à distance des personnes atteintes de maladies chroniques comme le diabète, l’asthme... C’est également une filière industrielle au potentiel économique considérable, au carrefour des technologies de santé, de la microélectronique et des TIC, trois domaines où l’Afrique possède de grands atouts et potentialités.

Par ailleurs, il est désormais reconnu que plus de 2 % des dépenses de santé en Afrique sont consacrées aux investissements de cette nature avec une croissance ann uelle forte de 9 %. Les évolutions des années à venir des TIC dans le secteur de la santé laissent entrevoir trois enjeux structurels des systèmes de santé concernant le continent : i) la capacité à promouvoir l’assurance santé et la protection contre les risques de non-paiement des soins, ii) la réduction de la pénurie de personnel de santé avec des solutions liées à la télémédecine et iii) l’amélioration de la qualité et la densité des infrastructures générales de santé.

Les attentes de l’utilisation des TIC dans le domaine de la santé sont à cet effet: i) Encourager l’hospitalisation à domicile et faciliter la post-hospitalisation en bénéficiant des apports de la télémédecine, du télédiagnostic, de la télésurveillance, ii) Améliorer l’observance des traitements, en utilisant des dispositifs de mesure de l’observance et de rappel / coaching, iii) Réduire les délais de prise en charge du patient, particulièrement en situation d’urgence, iv) Éduquer etresponsabiliser le patient, v) Faciliter l’accès à l’information, vi) Optimiser la communication avec le patient.

Quant aux craintes des populations vis à vis des usages de la e-santé, elles portent sur: i) la prise de contrôle du secteur de la santé par les GAFA (Google Amazon Facebook Apple, mais aussi Intel, Samsung, IBM, …) au prix des données personnelles, ii) l’Uberisation de la santé visant à donner le pouvoir à l’utilisateur/patient plutôt qu’aux professionnels de santé, iii) Risques sur la sécurité des données personnelles avec des modèles économique s des régies publicitaires basés sur l’exploitation des données personnelles des patients, iv) Risque de gadgétisation de la santé avec des dispositifs parfois peu fiables utilisés à des fins médicales.

Ainsi, le développement du numérique dans le domaine de la santé ne va pas sans soulever un certain nombre de questionnements éthiques. La e-santé (Objets connectés, Big Data, Intelligence Artificielle, télémédecine, informatique médicale, santé connectée, etc.) échappe d’autant moins aux discussions concernant les valeurs sociétales qu’il s’agit d’un domaine spécifique au croisement de plusieurs types d’enjeux éthiques : ceux liés au développement du numérique, et ceux qui concernent la pratique médicale, le soin.

A l’heure du digital et des nouveaux usages en termes de santé, il existe également des défis au plan de la réglementation afin de lever les appréhensions sur le fait que nos données personnelles de santé soient collectées et analysées. En effet, que ce soient à des fins de prévention ou d’amélioration de notre état de santé, ces données doivent être soumises à une réglementation stricte en termes de protection et de stockage.

principal de cet atelier régional sur le développement de la E-santé en Afrique "AFRICA HEALTH CONNECT" organisé par le RIPAQS (Réseau international pour l’amélioration de la qualité et de la sécurité en Afrique), l’ACPCI (Association des cliniques privées en Côte d’Ivoire), le GOTIC (Groupement des Opérateurs du secteur des TIC en Afrique), reste la définition d’un cadre éthique, juridique et réglementaire adapté dans le cadr e d’un écosystème innovant et dynamique grâce à un vivier de start-up reconnu et à des systèmes de soins en pleine maturation.